ANOUCHKA ET LE MARQUIS

18/05/2013 16:44 par colettelefebvre1937

société pour poser ses congés. Dès le soir, il prit le train pour Bordeaux, puis le car pour Saint-Paul. Là, il demanda où se trouvait la maison de la famille Boris.

« Les Boris ! Ben mon pauvre monsieur, y a ben longtemps que je n’ai point vu le père Boris. Sa femme, elle est partie la pauvrette, l'en pouvait plus de recevoir des coups et de porter les cornes ! Pis que le bouc du village le Boris ! L'est parti pour la ville, mais l'est ben malade, paraît qu'il a le crabe, ben fait pour lui, la piquette, l'a trop bue !

« Bien merci madame, pourriez-vous m'indiquer la ville la plus proche ?

  « Ben oui, vous avez Blaye, mais pas la porte à coté pour aller, vous faut prendre le car. 

« Merci et à quelle heure il y a un car ?

« Ben, y a un à trois heures, mais il n'y en n'a pas beaucoup ici, faut pas le louper, sinon vous allez à pied ! Puis ici, il n’y à point d'hôtel, vous pouvez attendre à l'épicerie qui fait café, vient toujours là le chauffeur pour boire son café, voilà bonne route m’sieur.

ANOUCHKA ET LE MARQUIS

18/05/2013 16:43 par colettelefebvre1937

« Merci madame, vous êtes bien aimable. 

Jean se dirigea vers l'épicerie, tout en regardant aux alentours. Il avait faim, n'ayant rien pris depuis le matin. Il commanda un casse-croûte, avec un café et un verre d'eau. L'épicière le regarda avec curiosité, car ce n'était pas souvent qu'elle voyait un homme habillé comme celui-ci. Un bourgeois à coup sûr, Les gens des villages sont curieux de nature, et cela les intrigue dès qu'il y a un inconnu bien habillé. Ici on s'habille seulement le dimanche, pour la messe, puis après on remet les habits de tous les jours. Jean mangea tranquillement son casse-croûte, bu sont café. Il sortit sur la place et s'assit sur un banc pour attendre le car. Le soleil chauffait, il était bien mais son cœur se serrait lorsqu'il pensait à la jeune femme. Que faisait-elle, où pouvait-elle être? Il regarda sa montre, le car n’aillait pas tarder à arriver, normalement. Il retourna à l'intérieur et demanda un autre café avant que le car arrive.

« Voilà le car, vous voyez il va être bientôt trois heures ! Ah, voilà monsieur Marcel qui vient boire son café.

ANOUCHKA ET LE MARQUIS

18/05/2013 16:43 par colettelefebvre1937

« Bonjour Marcel, comment va ta famille ? 

« Ça va Louise, ça va ! Donnez-moi vite mon café, c'est l’heure de prendre la route

« Tiens, tu as un passager aujourd’hui, ce monsieur va à Blaye, il recherche les Boris, tu l'as pas revu le vieux Boris toi ? 

« Ah non madame Louise, la dernière fois que je l'ai vu, il allait à Blade mais je ne l'ai pas ramené. Bon allez, on y va c'est l'heure !

Jean suivit le chauffeur, il ne disait rien, il réfléchissait à ce qu'avait dit le chauffeur. Ils ne l'avaient pas revu donc il était parti, mais où ? Il se dit qu'il allait falloir peut être cherché longtemps pour les retrouver.

Il monta dans le car tout en réfléchissant. Il n'y avait pas beaucoup de monde, un couple qui discutait tout en dévisageant le jeune homme. La route défilait, Jean regardait le paysage. Des vignes, encore des vignes, il n'avait jamais vu autant de vignes qu'à cet endroit ! Mais les vignobles du Blayais sont réputés comme les vins de Bordeaux dont ils font partie. Quand soudain la

ANOUCHKA ET LE MARQUIS

18/05/2013 16:42 par colettelefebvre1937

ville apparut, le chauffeur lui dit :

« Nous allons arriver monsieur ! Vous allez trouver les taxis, vous savez ils n'y en n’a pas beaucoup, alors vous n'aurez pas beaucoup de mal à trouver, puis l'hôtel n'est pas très loin, je vous indiquerai ».

« Merci monsieur, mais pour l'heure, je crois que je vais aller à l'hôtel et me reposer puis, dès demain matin, je trouverais où se trouvent les taxis. Je vous remercie de votre aide ! 

Il se rendit à l'hôtel indiqué par le chauffeur où il fut reçu avec amabilité. Il demanda une chambre, puis monta se reposer. Il s'endormit, épuisé de fatigue et de chagrin, quand soudain il fut réveillé par des petits coups frappés à la porte.

« Monsieur, le dîner va être servi, il est huit heures ! 

« Merci madame, j'arrive ! 

Jean se rafraîchit puis descendit pour dîner. Il apprécia le repas car il n'avait pas grand chose dans l'estomac, puis après dîner, il demanda à l'hôtelière si

ANOUCHKA ET LE MARQUIS

18/05/2013 16:41 par colettelefebvre1937

elle n'avait pas une carte.

« Oui mais vous savez, elle n'est pas neuve, vous cherchez quoi ?

« Je cherche un village dans les Hautes Pyrénées. 

Il alla s'asseoir sur la terrasse et se mit à étudier la carte, puis il partit faire un tour sur les bords du fleuve. Il découvrit la citadelle, le château puis il rentra à l'hôtel.

« Madame, pourriez-vous me céder votre carte car j'ai beaucoup de route à faire et je ne connais pas le parcours ! 

« Bien sûr monsieur, je n'en n'ai guère l'utilité ! 

« Merci madame 

Pendant ce temps, la jeune femme avait cherché un moyen de sortir pour voir si elle pouvait trouver une façon d'envoyer une lettre à Jean.

Elle attendit que son mari s'endorme puis sortit pour voir où se trouvait une boîte aux lettres. Elle ferma doucement la porte puis partit vers le village. Elle avait

ANOUCHKA ET LE MARQUIS

18/05/2013 16:40 par colettelefebvre1937

peur de rencontrer quelqu'un qui connaisse le vieux, alors elle vit une chapelle et se dirigea vers elle. La porte était ouverte, elle entra puis se mit à prier. Les larmes coulaient doucement sur ses joues. Elle pria le Seigneur de la délivrer de son fardeau lorsque soudain, une main se posa sur son épaule. Elle sursauta, mais lorsqu'elle tourna la tête, elle vit un prêtre qui lui sourit, elle rougit de confusion.

« Excusez-moi mon Père, j'avais besoin de me retrouver dans le calme pour prier et essayer d'avoir le courage de supporter ma triste vie».

Le prêtre lui prit la main et elle se confia à lui, non, pas une confession, simplement la confiance qu'elle ressentait pour ce Père qui était là pour écouter et conseiller. Alors, elle raconta ce qui lui était arrivé. Sa fuite après des années de souffrance, de coups et de tromperies, puis sa rencontre avec Jean, l'homme qu'elle aimait. Le prêtre l'écouta puis lui conseilla d'être patiente :

« Ne désespérez pas et priez Dieu mon enfant, vous êtes jeune, votre cœur bat et battra encore pour l'homme

ANOUCHKA ET LE MARQUIS

18/05/2013 16:39 par colettelefebvre1937

que vous aimez, mais il vous faut du courage et supporter votre croix jusqu'au bout. 

« Merci mon Père, je reviendrai certains soirs lorsque je pourrai pour prier mais cela est très difficile de m'échapper et je vais vite rentrer. Je voudrais vous demander un service. Lorsqu'il est venu me chercher, je n'ai pas eu le temps d’avertir mes employeurs, pourriez-vous poster cette lettre pour moi car j’ai honte d'être partie comme cela. 

« Bien sûr mon enfant ! 

elle lui sourit,mais ne dit pas au prêtre que la lettre était destinée aux parents de Jean. Après avoir dit bonsoir au Père, elle retourna vite chez elle, pensant :

«Mon Dieu, faites qu'il ne se soit pas réveillé !

Elle arriva le cœur battant la chamade, mais aucun bruit, rien, elle entrouvrit la porte de la chambre, son mari dormait, assommé par la morphine !

« Ouf il dort, merci Seigneur !

Elle entra dans sa chambre, prit son petit calepin,

ANOUCHKA ET LE MARQUIS

18/05/2013 16:38 par colettelefebvre1937

tout ce qu’elle avait pu avoir dans son sac et quelques enveloppes qu'elle avait toujours sur elle, c'est comme cela quelle avait pu envoyer sa lettre, elle écrivait tous les jours ce qui se passait. Elle espérait bien que son calvaire allait se terminer et que Jean allait la retrouver, mais elle ne partirait pas avec lui, elle souffrirait mais attendrait la fin, elle resterait avec son mari jusqu'au dernier jour de sa vie. Avec l'aide de Dieu, elle n'attendrait pas longtemps car il était en phase terminale. Pendant ce temps Jean, de son côté, étudiait la carte. Il irait voir la société de taxis dès le matin pour se renseigner. Il s'endormit très vite et fut très tôt réveillé par l'hôtelière. Après un copieux petit déjeuner, il fila vite à la station de taxis et trouva le chauffeur qui avait emmené le père Boris. Celui-ci lui dit :

« Pour une course, c'était une course ! Il avait des sous pour faire un voyage aussi long le client ! Puis il avait l'air bien malade, le Boris, nous fallait faire plusieurs arrêts, mais moi, je ne me suis pas posé de questions, je suis payé pour accompagner les clients. Mais, lorsque nous sommes arrivés à Paris, il a ramené une jeune femme qui pleurait la pauvrette, sa femme je

ANOUCHKA ET LE MARQUIS

18/05/2013 16:37 par colettelefebvre1937

crois, même quelle a été malade, tout le voyage à vomir la pauvre petite, il la surveillait pire que si elle était prisonnière ! Nous sommes revenus, ensuite nous sommes repartis vers Bayonne, nous avons roulé jusqu'en Espagne ou je les ai laissés, je suis reparti, je crois qu'après ce village, il n'y a plus rien ! Il faut prendre la carriole ou aller à pied.

«Merci monsieur. Donc, il me faut aller jusqu'à Bordeaux puis suivre la direction vers l'Espagne ?

«Ben oui mon brave, vous avez un car qui va partir bientôt, vous devriez le prendre, si vous voulez arriver avant ce soir, ce n’est pas à coté mon pauvre monsieur ! Ou alors, vous avez un train, mais je ne sais pas à quelle heure. Il fallait prendre le train jusqu'à Bordeaux et de là prendre un car ou un train jusqu’à Pau, puis un autre car pour Bayonne, puis encore un car pour aller vers l'Espagne. Bonne route et bonne chance.

Mais où l’avait donc emmenée ce taxi ?

« Bon allez courage Jean, tu dois retrouver Anouchka, savoir comment elle va, ma pauvre petite

ANOUCHKA ET LE MARQUIS

18/05/2013 16:36 par colettelefebvre1937

chérie. 

après une nuit de cauchemars,la jeune femme prépara le petit- déjeuner. Elle avait les yeux rouges d'avoir trop pleuré. Elle apporta le petit-déjeuner à son mari qui la regarda d'un œil soupçonneux. La souffrance déformait ses traits. Ses yeux malgré la maladie, avaient gardé cette lueur de cruauté qu'il avait toujours eue envers la jeune femme.

« Tu en as mis du temps pour le faire ce petit-déjeuner, espèce de bonne à rien ! Tu pleurais ton gigolo hein, mais jamais il ne te retrouvera, jamais tu ne t'échapperas d'ici !

La jeune femme le regarda droit dans les yeux, elle le défia :

« Tu vas crever comme un démon que tu es, tes souffrances ne sont que ta punition, Dieu te punit pour tout le mal que tu m'as fait mais aussi autour de toi. Oui, Dieu te punit et ce n'est que justice. Puis, elle sortit de la chambre les larmes aux yeux.

Pendant ce temps, Jean après avoir pris son petit