ANOUCHKA ET LE MARQUIS
18/05/2013 16:36 par colettelefebvre1937
déjeuner, prit le car très tôt.
Depuis longtemps le voyage avait commencé, il faudrait beaucoup de temps avant qu'il n'arrive au bout de ce long voyage. Les kilomètres défilaient, Jean sommeillait et ne voyait pas la route, il avait soif et faim et songea qu'il aurait dû prendre une bouteille d'eau et un en-cas. Lorsqu'il regarda sa montre, il s'aperçut qu'il y avait des heures qu'ils étaient en route, il demanda au chauffeur :
« Où sommes-nous ?
« Nous sommes arrivés à Bordeaux monsieur, vous avez un car pour les Hautes-Pyrénées, il va vous emmener jusqu'à Pau puis après, il vous faudra poursuivre avec un autre pour aller plus loin mais vous n'êtes pas encore arrivé !»
« Je vous remercie, mais pour l'heure, je crois que je vais me restaurer puis je vais voir à quelle heure il y a un car. Je vous remercie.
Il remercia encore une fois puis alla se restaurer à la station. Le restaurant était justement là où se trouvait
ANOUCHKA ET LE MARQUIS
18/05/2013 16:35 par colettelefebvre1937
le car, il en profita pour étudier la carte que l'hôtelière de Blaye lui avait donnée. Dieu que le voyage lui paraissait long, quand donc allait-il retrouver la jeune femme et lorsqu'il la trouverait, que ferait-il ? Tout en réfléchissant, il déjeuna puis après son café, demanda l'heure du départ du car.
« Tenez, voilà le chauffeur, donc vous ne devriez pas tarder à partir.
Un homme jeune entra
« Bonjour, Jacques ! Il y a un client pour toi, il va dans les Hautes-Pyrénées, un sacré voyage, vous n'allez pas arriver de bonne heure ! »
« Bon allez, on y va, vous venez monsieur ? Au revoir, Mariette !
« Au revoir Jacques, bonne route et à vous aussi
« Merci Madame.
Il grimpa dans le car ainsi qu'une douzaine de personnes, il s'assit confortablement, il n'avait pas oublié sa bouteille d'eau et la dame du restaurant lui
ANOUCHKA ET LE MARQUIS
18/05/2013 16:34 par colettelefebvre1937
avait préparé un casse-croûte, il avait tellement souffert les parcours précédents que cette fois, il avait pris ses précautions. Il demanda au chauffeur :
« Pourriez vous me dire combien de kilomètres nous avons à faire avant d'arriver à Pau ? »
« Je ne sais pas exactement mais nous ne serons pas arrivés avant la nuit»
« Merci
Il se mit à réfléchir : où ce vieux fou l'avait-il emmenée ? Comment allait-il retrouver sa bien aimée, dans quel village éloigné de l'Espagne ou des Pyrénées, comment se rendre là haut, y avait-il un moyen de locomotion ? Puis il finit par sommeiller. Décidément le ronron du moteur le berçait et l'endormait. De toute façon il sera bien temps d’édifier une stratégie le moment venue en fonction des éléments. Le chauffeur le réveilla, il était arrêté pour une halte et prendre d'autres passagers. Le chauffeur lui demanda :
« Si vous voulez vous dégourdir les jambes et prendre un café c’est le moment, dix minutes de pose !
ANOUCHKA ET LE MARQUIS
18/05/2013 16:33 par colettelefebvre1937
Le café entra dans son champ de vision. Il remercia le chauffeur puis il regarda l'endroit où il se trouvait, il pouvait voir la montagne alentour, il était donc dans les Pyrénées. Il regarda la carte qu'il ne quittait plus depuis son départ de Blaye. Il commanda un café puis se réinstalla dans le car qui repartit.
Le chauffeur lui dit :
« Le prochain arrêt sera le terminus, mais nous arriverons assez tard, vous trouverez de quoi loger à l'hôtel Terminus, de toutes façons il y a très peu d'hôtels
« Merci, j'espère surtout trouver un moyen de locomotion pour monter au village où je dois me rendre.
« Ah ça, je ne sais pas, on ne peut y aller qu'à pieds ou en carriole, les voitures ne peuvent pas aller jusqu'au village, le chemin n’est pas carrossable. Les chevaux oui, mais pas les voitures.
« Merci, je trouverai bien une solution.
Il ne dit plus rien et passa son temps à réfléchir. Que faire pour retrouver Anouchka ? Il avait fait
ANOUCHKA ET LE MARQUIS
18/05/2013 16:32 par colettelefebvre1937
tellement de route pour la voir qu'il ne devait pas abandonner et surtout ne pas perdre espoir. Il ferma les yeux, il était fatigué.
Les heures s'écoulèrent. La nuit tombait, le paysage s'estompait, il ne distinguait plus rien, ses pensées s'envolaient. Il se revoyait le premier soir de sa rencontre avec la jeune femme, les marches, il voyait sa silhouette gracile, il entendait sa voix, elle était tellement présente dans son esprit qu'il la sentait à ses cotés. Hélas, lorsqu'il ouvrit les yeux, il n'y avait rien, rien que le fauteuil vide. Il sommeillait lorsque le bruit de porte et de voyageurs le réveilla. Il ouvrit les yeux. Le car est arrêté. Le chauffeur l’interpella :
« Voilà nous somme arrivés. Venez, nous allons à l’auberge.
« D’accord, où sommes-nous ?
« Au bout du voyage, du moins en ce qui me concerne.
Ils partirent vers l'auberge où une femme les accueillit.
ANOUCHKA ET LE MARQUIS
18/05/2013 16:32 par colettelefebvre1937
« Bonsoir Marie, je vous amène un client.
« Bonsoir messieurs. Avez-vous fait bon voyage ?
« Oui merci madame. Un peu long, mais nous sommes arrivés.
« Nous mourons de faim. Et nous sommes fatigués.
« Passez à table, j’arrive.
Ils dînèrent puis Jean demanda à cette femme quel moyen de transport il y avait pour monter au village. La brave femme le regarda d'un air étonné.
« Au village ? Mais c’est un trou perdu et en voiture c’est impossible.
« Je sais madame mais je dois me rendre là-bas. Alors, je vous en supplie, dites- moi comment je peux y aller.
« Elle lui dit :
« Il n'y a pas de moyen monsieur ! A pieds ou avec la carriole du boulanger. Justement demain il monte pour
ANOUCHKA ET LE MARQUIS
18/05/2013 16:31 par colettelefebvre1937
e pain. Peut-être qu’il vous montera, je le lui demanderai si vous pouvez l’accompagner. Il passe toujours ici pour nous livrer.
« Je vous remercie beaucoup, il y a combien de kilomètres d’ici au village?
« Il y a bien trois ou quatre heures de marche.
Il réfléchit en pensant que trois ou quatre heures de marche donnent environ quinze kilomètre bien sûr tout dépend du marcheur. Ça fait quand même un bout de chemin sans compter qu’il n’a aucun entraînement.
« Je marcherai donc à l’aller et je reviendrai avec le boulanger, pouvez vous me préparerez de quoi me nourrir et me désaltérer.
« Bien sûr monsieur.
La curiosité la tenaillait mais elle ne posa aucune question. Que pouvait-il bien aller faire dans ce trou perdu ? Il n'y avait rien à voir sauf la petite chapelle. Elle réfléchit et soudain, elle se souvint du vieux qui était arrivé il y a quelques jours, accompagné de cette
ANOUCHKA ET LE MARQUIS
18/05/2013 16:30 par colettelefebvre1937
jeune femme, qui avait l'air si triste. Maintenant elle se souvenait bien de ce drôle de personnage qui avait fait venir la carriole. Ce beau jeune homme, lui aussi, avait l’air perturbé.
Qui est-il ? Elle gambergeait et construisit tout un roman. Il venait sûrement pour la jeune femme.
Elle pensait juste mais elle l'ignorait et son esprit échafauda tout un complot. Pendant ce temps la jeune femme était dehors et regardait les étoiles. Elle savait que Jean ne l’avait pas oubliée. Elle sentait sa présence. Ils n’étaient pas loin l'un de l'autre. Quelques kilomètres les séparaient, mais si Jean pensait pouvoir la retrouver, de son coté la jeune femme l'ignorait. Alors elle pria le ciel de la délivrer de son démon de mari. Alors qu’elle pensait très fort à son amoureux, la voix de Boris se fit entendre.
« Vas-tu venir bonne à rien plutôt que de rêvasser à ton godelureau un rire méchant suivi l’altercation.
Le rire de l'homme lui assourdit les oreilles. La méchanceté qui pointe dans les sons lui fait froid dans le
ANOUCHKA ET LE MARQUIS
18/05/2013 16:29 par colettelefebvre1937
dos.
Seigneur ! Quand allez-vous me libérer de ce monstre? Elle entre la peur au ventre, le regard fier. Non, il ne lui ferait pas oublier son amoureux, le seul homme qu’elle aimait !
« Oui j'arrive !
« Aide-moi à me coucher au lieu de bayer aux corneilles !
« Je ne suis pas ton esclave répond elle sèchement. Tu me tiens prisonnière dans ce trou perdu, mais un jour tu iras en enfer. Où tu brûleras. Espèce de vieux démon.
« Pas demain. Je vivrai assez longtemps pour que tu deviennes folle. Et comme cela, à l'asile tu iras. Mais jamais tu ne partiras d'ici.
La jeune femme l'aida à se coucher. Il était répugnant mais se dit qu’il ne la fera jamais devenir folle, elle était suffisamment forte. Il perdait le peu de temps qui lui restait alors qu’elle avait toute la vie devant elle.
ANOUCHKA ET LE MARQUIS
18/05/2013 16:29 par colettelefebvre1937
Un combat inégale qu’elle gagnera forcément mais l’esprit tordu de cet homme ne pouvait analyser ce simple fait. Il allait partir, elle resterait libre.
Il lui serra le bras à le lui briser. Il avait encore de la force et la douleur lui faisait venir les larmes, mais ne dit rien. Elle supportait son martyre sans faiblir, elle avait remis son destin entre les mains de Dieu. Pendant ce temps Jean, lui, finissait de dîner et alla faire un tour dehors. S’il n'était pas si fatigué, il entreprendrait la route maintenant. Mais le chemin était long et dangereux et la nuit bien trop sombre. De plus il ne connaissait pas le pays, alors il pensa très fort à sa bien- aimée. Il espérait de toute son âme qu'il allait la retrouver, oui mais lorsqu'il la retrouverait , que ferait-il? Il entra se coucher, l'aubergiste lui dit.
« Monsieur, j’ai vu le boulanger, il part pour le village demain matin. Je sais que vous voulez partir à pied mais c’est long alors si cela vous arrange Il m’a dit qu'il pouvait vous emmener. Mais il part très tôt. Je peux vous réveiller si vous le désirez.
« Merci je veux bien, vous avez raison, il est temps
